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Rentrez chez vous…Les émotions et leur confinement

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Nous sommes impuissants face à ce choix que nos élus font de nous confiner. Nous ne pouvons rien faire, ni invectiver nos dirigeants en face à face, ni commanditer des personnes censées qui mettraient en place ce qui convient en cas d’épidémie infectieuse, quand bien même nous aurions des milliers de dollars, nous ne pourrions aller plus vite que la musique, ou à contre-temps, nous ne pouvons même pas impulser de mouvement de résistance en allant clamer sur la plage que nous ne sommes pas d’accord. Encore pouvons nous crier dans la rue, au risque de passer pour un illuminé.

Il y a ce qui se passe à l’extérieur de nos maisons, qui génèrent des sentiments d’impuissance, d’injustice.  Cette sidération devant les décisions de nos dirigeants peut également créer de la colère. Tableau sur fond de peur quoi qu’on en dise. Quand bien même on ne se nourrit pas d’informations, si on n’a pas peur pour soi, on craint pour la vie des autres, de nos proches, et des autres tout simplement. Quand bien même cette « pandémie (qui n’a rien changé au taux de mortalité habituel en cette saison) est bien “une catastrophe sanitaire sans précédent” – même si, rappelons-le, le HIV a quand même fait 25 millions de victimes en tout jusqu’à ce jour, que la pollution atmosphérique tue 5 millions de personnes chaque année à travers le monde et les infections respiratoires habituelles environ la moitié – soit 2’500’000 morts.) » http://jdmichel.blog.tdg.ch/archive/2020/04/08/le-pr-raoult-les-hug-et-le-nom-de-la-rose-305715.html?fbclid=IwAR0PSdWYf9Kw_xzWKp0pwTPkmDJahgM79c0-iCynEDSPdrElHrmq7svKUYk#more

Nous habitent l’incertitude de la durée, de l’issue, du comment nous allons sortir de là. Quand je croise ma voisine d’habitude souriante et expressive, là, complètement tendue, qui ne prend même pas le temps de me parler, et moi qui me réveille tous les matins avec des grosses tensions dans le corps, nervosité latente, avec de moins en moins d’alan à aller dehors faire une balade « autorisée » quand bien même je sens que j’en ai hyper besoin. L’envie me passe de brasser toujours le même boulevard, sans contact avec la nature, en esquivant tout un chacun. Ces ersatz de liberté m’ont lassée. Je me demande de plus en plus comment, à la sortie de cet enfermement, allons-nous nous sentir dans le lien à l’autre, dans le concret du contact, du peau à peau, de l’échange…allons nous nous sentir en sécurité, allons nous nous sentir libres.Que se passe t-il alors, à l’intérieur de nos maisons. Si insécurisant peut-être le monde extérieur actuellement, comment pouvons nous trouver de la sécurité dans nos maisons. Celles dans lesquelles chacun déploie son instabilité contextuelle, nos maisons qui, lorsque le climat est à peu près sain, je l’espère, nous permettent de vivre des bons moments et d’investir les liens différemment. Mais ça encore c’est de la belle théorie. Le mouvement inconscient va être d’absorber les émotions qui viennent de l’extérieur (climat lié au covid-19) et de les projeter sur notre environnement (les personnes avec lesquelles nous sommes confinées, avec lesquelles nous sommes en contact, nos actions). Et de ne plus y voir clair. Le flou de proximité prenant le pas sur une vision aérée, distanciée des choses qui permet un espace, une respiration. Distance dont nous avons encore plus besoin en ce moment, pour notre santé, oui notre santé. Car si nos émotions sont repérées et entendues, elles nous envahissent moins, elles ne se figent pas dans le corps et elles se libèrent.

Quand bien même le vécu n’est pas toujours agréable, c’est pour moi un des enjeux forts de cette période : écouter ses émotions au plus profond. Elles ont un message à nous faire passer. En cette période, elles se manifestent de façon décuplée. C’est une bien belle et unique occasion de passer du temps avec elles. Vous verrez ça fait un bien fou. Pour palier à la colère, l’incertitude, l’anxiété, le stress, la peur, la frustration, l’impuissance…et tant d’autres messagers, on a pour habitude de s’agiter, de faire. Le pilote automatique prend les commandes. On n’aime pas ressentir ce qui est désagréable, on veut que ça s’arrête, on veut le mettre à distance, vraiment. D’autant qu’on n’est vraiment pas les plus à plaindre, alors on relativise. Et puis ça permet à la planète de reprendre sa place (et ça c’est merveilleux 🙂 ) C’est fondamental de relativiser. Pour autant n’étouffons pas nos émotions. Car l’émotion reste, ou part et revient…elle reviendra tant qu’on ne l’écoutera pas.

La maison dont nous devons prendre le plus grand soin en ces temps troublés et troublants est bien celle qui est à l’intérieur de nous. Ce qui arrive n’arrive pas pour rien, tout a un sens, c’est ma croyance. Transformer le négatif en positif, l’obscurité en lumière c’est bien ça notre plus grand pouvoir. La conscience en est la plus magique des fées. Encore faut-il avoir les outils et faire le choix de se regarder entièrement. Pour faire un choix, faisons-en déjà l’expérience…

Quand vous ressentez des émotions désagréables, quel que soit son niveau de puissance, dans un premier temps, repérez le mouvement. Prenez rendez-vous avec votre émotion. Cela nécessite réellement 5/10 minutes, peut être plus, pour les personnes qui n’ont pas l’habitude de s’écouter ou d’écouter leur corps. Un blog m’a été conseillé hier par une belle collègue thérapeute en ayurvéda. Il s’appelle « Change ma vie ». Dans un guide pratique, Clotilde Dusoulier propose quelques questions que je trouve très justes et aussi facilement adaptables pour un enfant ou un ado (c’est intéressant de leur proposer).

Isolez-vous, dans une pièce si vous pouvez, sinon vous pouvez mettre un casque avec une musique très calme qui ne viendra pas interférer sur votre ressenti (par exemple celle-ci teintée de flute indienne et très douce : https://www.youtube.com/watch?v=mr8GBzTsWqM&t=2773s). Prenez une feuille ou un carnet et répondez à ces questions :

  • Quelle est l’émotion principale que je ressens en cet instant ?
  • Comment se manifeste-t-elle dans mon corps précisément ? (Je passe en revue tout mon corps avec attention et curiosité.)
  • Comment puis-je arriver à respirer dans cette émotion, m’ouvrir à ce ressenti ?
  • Si cette émotion est mon alliée plutôt que mon ennemie, quel est le message qu’elle cherche à me transmettre ?
  • Si cette émotion est mon alliée plutôt que mon ennemie, qu’est-ce que je veux lui dire en retour ?

Je vais vous livrer mon rendez-vous d’hier avec mon stress, cela peut être inspirant car encore une fois tout le monde n’a pas l’habitude d’être à l’écoute de soi, c’est un apprentissage alors si ça peut aider à vous ouvrir à vous-même c’est tant mieux

  • Quelle est l’émotion principale que je ressens en cet instant ?

Le stress

  • Comment se manifeste-t-elle dans mon corps précisément ? (Je passe en revue tout mon corps avec attention et curiosité.)

Tension globale dans le corps. Tension, fermeture dans la gorge. Petite pression sur le plexus. Tension plus intense au niveau du ventre. Pression sur les jambes

  • Comment puis-je arriver à respirer dans cette émotion, m’ouvrir à ce ressenti ?

En sachant que cela me permettra de m’en libérer, je l’accepte dans mon corps et je respire profondément, je ne résiste pas à sa présence.

  • Si cette émotion est mon alliée plutôt que mon ennemie, quel est le message qu’elle cherche à me transmettre ?

Elle me dit que quelque chose est en déséquilibre, qu’elle se sent oppressée, qu’elle a besoin d’air, qu’elle a besoin d’être rassurée, de savoir que tout va bien se passer. Elle me dit qu’elle a peur de mal faire, de ne pas faire ce qu’il faut dans ces journées confinées. Elle me dit qu’elle a besoin d’être libérée de toute obligation

  • Si cette émotion est mon alliée plutôt que mon ennemie, qu’est-ce que je veux lui dire en retour ?
  • Je veux lui dire de ne pas s’inquiéter, que tout va bien, que demain nous irons prendre l’air. Je veux lui dire que tout ce qu’elle fait est très bien, qu’elle fait de son mieux en cette période atypique. Je veux lui dire de cesser de se juger, que c’est illusoire et que ça ne lui amène que du tracas supplémentaire et une mésestime d’elle-même. Je veux lui dire qu’elle est libre et pas si obligée de tant de choses que ça dans le fond : Assume de ne pas avoir envie de faire telle ou telle chose. Assume d’avoir envie de faire telle ou telle autre chose.

Ce temps-là, ce rendez-vous avec ces émotions va vous procurer un apaisement car le seul objectif de leur manifestation est d’être entendue.

Continuez votre journée en prenant en compte ce message et en vous imprégnant des besoins que l’émotion a manifestée. Elle a été écoutée c’est super. Entendez-la pleinement en répondant à ses besoins. On a souvent tendance à confondre le fait d’écouter et d’entendre, la nuance est subtilement décisive.

Aimez cette émotion, totalement, elle a sa place en vous, elle est légitime et a besoin d’espace à l’intérieur.

Aimez-la, respirez-la, entendez-la. Vous vous sentirez moins confinés dans votre maison intérieure en tous cas.

Plein d’amour sur vous.

Cécile Mininno