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A l’adolescence, comment prévenir les risques de consommation de drogues, comment gérer mes inquiétudes de parent?

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De la prévention sur les drogues est faite dans les établissements scolaires. Cependant, proposée dans un cadre de moralité, il ne répond pas forcément aux jeunes qui en ont vraiment besoin et qui sont en désir de transgression.

A cet âge, les adultes et surtout « parents » sont loin d’être les premiers dépositaires des confidences de transgression d’un ado. Dans un premier temps, je vous conseille de lui dire vos inquiétudes. L’authenticité du discours n’a pas de prix.

La parole

Comme le dit si justement Renaud Campana, « le dialogue » est essentiel. Il ne s’agit pas de dialoguer uniquement sur les sujets liés à nos peur (drogues, sexualité…). Le dialogue est un cadre d’autorité globale.

Faire autorité n’est pas synonyme d’autoritarisme qui induit un rapport de pouvoir. Faire autorité c’est créer les conditions d’une relation de confiance et de respect mutuels. Dans l’esprit, votre enfant doit se sentir libre de vous parler de tout. De ses propres pratiques, de ses propres inquiétudes, de ses propres dérives. Il pourra le faire s’il ne se sent ni jugé ni dévalorisé.

De façon générale, vous devez faire comprendre à votre enfant que dire la vérité soulage, que vous seriez contents qu’il vous dise s’il fait une expérimentation pour que vous partagiez ensemble ces impressions. Cela vous permettra de mieux évaluer son rapport aux produits (tabac, cannabis, alcool). En dramatisant, en moralisant vous risquez de le mettre dans une position où il ne vous dira rien.

Dans l’expérimentation des drogues, il y a évidemment une recherche de sensations. C’est une période où il peut être important de leur proposer d’en vivre que ce soit par le biais d’activités sportives ou des sensations dans des manèges ou n’importe quel support. Cet ancrage lui permettra d’expérimenter qu’il peut avoir des sensations fortes sans forcément passer par la consommation d’une drogue.

L’entourage

Restez attentifs à son entourage et aux pratiques de son groupe. Si vous constatez que ces pairs sont attirés par la fumette ou l’alcool, ouvrez encore plus d’espaces extérieurs et travaillez encore plus le positionnement de votre enfant. C’est ici qu’il est intéressant de lui apprendre à se positionner en dehors du groupe. S’il est délicat de le faire à cet âge, ce n’est pas impossible. Ces graines plantées vont germer, peu à peu. Un conseil, n’essayez pas de l’éloigner de ses amis en lui interdisant de les voir, l’effet sera inversé (excepté bien sûr des cas de mises en danger, comme la drogue dure par exemple). Ses amis sont, pour l’instant, son monde, sa vie.

L’observation

La consommation de drogues est évidemment ce qu’il y a de plus visible et odorant. Donc à moins de ne pas vouloir voir,  il est difficile de passer à côté (yeux rouges, apathie, fringales…). Comme « drogues », j’entends ici alcool et cannabis. Pour les adultes, nous avons passé la phase d’expérimentation et notre rapport à ces produits est généralement largement dédramatisé à nos âges. Beaucoup de parents ne s’inquiètent pas outre mesure de la consommation de leur enfant…Bien sûr il y a différents niveaux. Si votre ado consomme une fois de temps en temps en soirée, déjà vous aurez du mal à le savoir, d’autre part il teste, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. S’il consomme en journée, ou seul, là il faut commencer à se poser des questions, et à lui poser des questions. De même un enfant qui fume régulièrement à 14 ans ne doit pas être pris en compte de la même manière qu’un jeune de 18 ans dans les mêmes pratiques.

Il y a un autre écueil, c’est de faire semblant de ne pas voir. On peut se sentir dépassé et ne pas savoir comment réagir. Ne pas dire que vous observez des nouveaux comportements revient à nier ce qu’il se passe pour votre enfant. Lui a besoin de votre regard pour se sentir exister.

Leur parler très clairement de la composition.

Ces drogues ne sont pas anodines et « légères » comme on dit. L’alcool, même si elle est légale, est d’un point de vue addictif une drogue dangereuse. Culturellement intégré à notre mode de vie et totalement légale, l’alcool est pourtant classée en drogue dure par les experts en toxicologie et addictions.

Le cannabis, lui, est dangereux à cet âge car il altère le bon développement du cerveau et il accroît le risque de dépendance sur du long terme. Les produits achetés par nos ados sont généralement des produits bon marchés, sur des réseaux facilement repérés et accessibles et donc coupés, le but étant d’augmenter le poids et le volume du produit vendu (colle, cire, terre, henné, laque, sable, talc (silicate de magnésium), hydrocarbures aromatiques, autres herbes, pollen, microbilles de verre, seules ou mélangées à du sable, microbilles de silice…On a même des exemples de cannabis frelaté au plomb. Les agents de coupe les plus fréquemment utilisés sont les microbilles de verre, associées ou non à du sable, gommes végétales diverses, cirage noir, henné, paraffine, huile de pneu, huile de vidange, psychotropes) imaginez ces substances aller directement dans le cerveau de vos enfants qui grandissent….

Comment je prends en compte une addiction ?

Si l’expérimentation, la consommation occasionnelle évolue en consommation journalière et/ou passe d’une consommation collective à individuelle, il faut commencer à se poser des questions plus profondes. La consommation de drogue met dans un état qui évite de penser, ce qui peut être une solution pour répondre à un état de stress et/ou d’angoisses, tel un antidépresseur. Dans ces cas, l’idée est de se décaler de la pensée : « mon enfant est difficile » à « mon enfant est en difficulté » car c’est bien cela qui est en jeu.

Quand la consommation est avérée et problématique, il est important de se faire accompagner sur les ressorts psychologiques et émotionnels qui sont à l’œuvre dans cette consommation (éducateurs, psychologue, consultations jeunes consommateurs…).

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