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« Mon enfant a de mauvaises fréquentations, il est influençable ! »

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Combien de parents arrivent avec ce discours lors des entretiens…pour justifier les actes ou le comportement de son enfant. Sans nous en rendre compte, cela fait miroir au discours du gosse « C’est pas moi». Ce n’est jamais lui donc. Et si ce n’est jamais lui nous évitons la remise en question. C’est donc tout bénéf…ou pas !

Nos enfants sont très fins pour nous retourner le cerveau, façon de parler. Si vous le soutenez et êtes toujours dans l’acceptation de son discours, une autoroute 4 voies s’ouvre à lui pour vous enfumer. Ecouter est une chose, soutenir son discours en est une autre. S’il comprend que vous croyez tout ce qu’il dit il va devenir un excellent dissimulateur. Combien s’y tromperait ! D’où l’intérêt de vérifier et de lui dire que vous allez le faire. Soudainement, son discours va changer…Ne donner jamais raison à votre enfant sans avoir vérifié. Cela va le conforter dans sa toute puissance et vous serez cuits, grillés, carbonisés. Et lui aussi. Vous ne l’aidez pas en le confortant dans sa place de victime car rien ne viendra le remettre en question et il en a besoin pour sa vie sociale, scolaire, amicale, sentimentale…

Cette place de victime qu’il se donne interroge notre position éducative en tant que parents. Lui accorder tout notre crédit est finalement uneforme de désengagement et de déresponsabilisation de l’enfant.

« C’est pas moi, c’est Joshua ». Ils ont bon dos les copains. Quand bien même il s’est fait influencer, qu’est-ce qu’on peut mettre en place pour le responsabiliser. Ils veulent être grand(e)s alors renvoyons les à leur(s) responsabilité(s). N’ont-ils pas une conscience, une personnalité libre ? Sont-ils obligés de suivre les autres ? Les paye-t-on pour faire des conneries (du coup on comprendrait mieux, mais je ne pense pas que ce cela constitue une majorité). Généralement ce discours les fait réfléchir.

Cette place de victime que nous accordons fait également écho à une forme de désengagement de notre part. C’est la solution, inconsciente généralement, de facilité. « Mon enfant est parfait (enfant idéalisé), je crois ce qu’il me dit, il est faible, les autres abusent de sa gentillesse ». Ces croyances ne règlent rien, bien au contraire. Cela se comprend, on se met des œillères parce qu’on ne veut pas gérer des soucis, en plus, parce qu’on met notre gosse sur un piédestal ou pour d’autres raisons. C’est au contraire une occasion idéale pour le responsabiliser : il est maître de ses choix et doit les assumer.

Alors parfois, évidemment, ils peuvent subir le groupe et être dans l’incapacité de se positionner seuls. Tout le monde est potentiellement influençable, d’autant plus à cet âge-là où le groupe et l’appartenance au groupe a une importance fondamentale. Dans les cas spécifiques de soumission qui peuvent engendrer une place de bouc émissaire alors là il y a un accompagnement spécifique à faire sur l’estime que votre enfant a de lui-même et sur qui il pense être.

Encore une fois, le mensonge n’est pas contre vous. Les objectifs d’un mensonge peuvent être divers: éviter un conflit, une confrontation, une sanction, craindre une réaction négative, peut-être un rejet, et préférer alors la fuite, ou encore pour correspondre à l’image qu’on attend d’eux…Un adolescent va toujours chercher son confort avant tout, et tous les moyens sont bons donc à nous d’être vigilants. Non, notre enfant n’est pas parfait et nous devons lui donner des outils pour qu’il puisse se construire en tant que futur adulte.

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